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Ze manteau #2, la toile

Allez avouez, qui parmi vous coud systématiquement une toile ?

Je vais commencer par mon auto-critique : ça fait très (trop) peu de temps que je m’y suis vraiment mise. Au début, comme beaucoup, je ne connaissais même pas le principe, pourtant simple et évident. Une toile c’est un croquis, une version d’essai destinée à tester un patron et surtout à le modifier afin de faire un vêtement sur mesure. On commence par choisir un tissu pas cher dont l’épaisseur et le rendu sont proches de ceux de la version définitive. Pas de pitié : celui-ci va être sacrifié pour la cause ! On coupe alors les pièces, on assemble, et là vient le moment fatidique de l’essayage et des retouches afin d’obtenir le meilleur « fit » possible. On pourrait croire que ça s’arrête là mais que nenni, c’est justement à ce point que ça devient vraiment intéressant puisqu’on doit alors découper la toile au niveau des coutures (évidemment, si une ligne de couture a été modifiée, on coupe sur la nouvelle, celle qui ajuste le mieux le vêtement) afin d’obtenir un nouveau patron, modifié aux bonnes mesures.

Vous trouvez mon manteau dénué d’intérêt, voire carrément moche ? C’est normal, comme je le disais il ne s’agit que d’un brouillon cousu dans un tissu cheap. Il lui manque donc tous les petits détails soignés qui lui donneront du caractère. Doublure qui ajoute de la tenue au col, brides, beaux boutons, poches travaillées, surpiqures… Autant de choses qui ne valent pas vraiment la peine d’être cousues quand on fait une toile, ainsi on évite d’y passer trop de temps ou d’argent. Coudre cet version m’aura pris moins de deux heures, recopiage du patron compris, et coûté 10€ de tissu, dépense indispensable car il était hors de question de faire ce genre de modifications au dernier moment sur mon beau drap de laine ! 10€ de dépensés donc, mais potentiellement 55€ d’économisés puisque je suis désormais certaine de ne pas me planter par la suite.

Ces quelques photos moches sont donc censées montrer l’importance cruciale de cette étape. Vos yeux de lynx devraient normalement voir assez facilement les modifications apportées, en effet cette fois le patron tombait presque parfaitement, j’ai simplement dû cintrer davantage le dos afin d’éviter l’effet sac à patate en marquant un maximum la cambrure.  Pas bien compliqué tout ça, il m’a suffit de placer la toile sur mon mannequin de couture et d’épingler le long des découpes princesses pour modifier le tout, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Ensuite j’ai cousu sur cette nouvelle ligne afin de pouvoir faire un nouvel essayage et valider le tout.

J’en profite pour causer un peu plus de ce modèle, déjà présenté précédemment : il s’agit d’un patron Simplicity paru dans le mag’ tendances Couture n°4 et dont les manches raglans m’avaient tapé dans l’œil. Je l’ai coupé en 40/42 et je suis ravie car il taille impeccablement : il est juste assez large pour que je puisse porter un très gros pull en dessous quand viendront les grandes froidures. Non, je ne vis pas au pôle nord, je suis simplement très frileuse. Je m’attendais à devoir faire cette retouche dans le dos car j’ai une taille très marquée, c’est donc devenu un réflexe chez moi. Mais revenons au patron : la coupe est très bien, en pochette c’est donc une bonne affaire, mais la publication dans un magazine a visiblement posé quelques problèmes, en effet sur la planche de patron surchargée deux pièces n’étaient pas raccord (rien de bien grave ceci dit) et une troisième manquait carrément à l’appel. Heureusement il ne s’agissait que d’une bride, très facile à dessiner soi-même, mais avouez que c’est agaçant.

On pourrait croire que je suis prête à attaquer la version finale,

mais en fait ça va me prendre encore un peu de temps : en effet maintenant que la coupe générale est validée je m’en vais dessiner les pièces que je veux ajouter pour « habiller » un peu le tout. Rien de bien compliqué en fait, il s’agit juste de multiples brides et surtout d’une larges martingale que je vais honteusement copier sur celles du manteau Talea. J’envisage aussi d’ajouter une capuche amovible (merci Mélanie pour cette suggestion) mais je ne suis pas certaine de pouvoir la couper dans ce qu’il restera de mon coupon, à voir donc. Car oui, j’ai enfin dégotté le drap de laine de mes rêves ! Enfin disons plutôt celui que je ne cherchais pas mais qui m’a charmée illico presto. À la base je voulais un drap pure laine assez épais rouge vif ou moutarde, et je désespérais devant de tristes rayonnages de tissus gris, marron et noir… Et vlan, voila-t-y pas que chez Sacrés Coupons je suis tombée sur cette merveille d’un superbe vert forêt, parcouru par un fin tissage en biais façon sergé pour mieux tenir la fibre, 100% laine trrrrès épaisse, trop peut être, de quoi en tout cas tester la résistance de ma machine à coudre car je sens que coudre les épaisseurs ne va pas être si simple. Mais avec ça sur le dos je suis certaine de passer l’hiver sans avoir froid !

Dans la foulée j’ai chopé du satin violet de bonne qualité pour la doublure, ainsi que du passepoil et des boutons assortis pour donner du peps à tout ce vert. Maintenant que j’ai tout ça sous la main je peux enfin entrer dans le vif du sujet, et curieusement j’ai passé le stade de la trouille : là j’ai hâte de coudre ce manteau, et ma foi je me sens plutôt sûre de moi !

pas à pas #2, on respire un grand coup et on taille dans le vif

La dernière fois je vous avais montré ma toile, un truc qui en gros ne ressemble à rien, un sac avec quelques formes destiné à être ajusté directement sur la destinataire de la robe en laissant juste ce qu’il faut de marges d’aisance pour qu’elle soit mise en valeur tout en pouvant bouger à sa guise (c’est pour un mariage, LE jour où on remue du popotin après avoir dévoré une quantité ridicule de nourriture très riche). lire la suite »