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La saison du short

Ça faisait longtemps qu’un patron ne m’avait pas autant enthousiasmée…

Ce short Châtaigne de Deer&Doe, c’est un vrai bijou à mes yeux, mais il faut dire que je fonds pour les tailles très hautes et emboitantes. Maintenant que je l’ai cousu, me voila mordue, j’ai envie d’en faire au moins  deux autres dans la foulée et de ne plus porter que ça.

Comme je voulais tester le patron avant d’acheter une belle gabardine, j’ai puisé ce lainage fun dans les coupons récupérés lors de notre trocante. Et même s’il est un peu épais pour ce modèle, je le surkiffe. Olivier moins, beaucoup moins même. C’est couillon : je persiste à me coudre des fringues rigolotes alors que je vis avec un fan de sobriété vestimentaire. Petit détail : j’ai souligné les découpes des poches et des rabats avec du passepoil satiné bleu foncé parce que je n’avais pas de noir sous la main, et finalement ça passe très bien.

Je fais actuellement un parfait 42 D&D, j’ai donc suivi le patron à la lettre et je n’ai eu à faire aucun changement, il est décidément très bien coupé. Le seul défaut que je lui trouve, ce sont les poches qui ne sont pas très profondes. Comme en prime c’est un patron « débutant », les rabats arrières sont là pour la frime… Bref, une prochaine fois je pense redessiner les poches avant et ajouter une poche passepoilée façon tailleur sur la partie droite de mon gracieux popotin. Ceci dit, j’aurais peut être la flemme, ça arrive aux meilleurs.

Dire que je pensais ne pas aimer les shorts…

 

Déjà vu ?

Étonnamment, je n’ai réalisé qu’au moment de prendre les photos que ceci est en train de devenir une tradition pour moi.

Je cause de la jupe d’hiver rétro en lainage de teinte automnale qui tourne. L’an dernier j’avais cousu une version à carreaux soulignée de wax, cette année j’ai craqué pour un lainage à chevrons et l’un de mes patrons préférés, issu du Burda de mai 2012. Pas très originale la gonzesse, mais ma foi j’en suis plutôt contente.

Niveau modif’ j’ai encore raccourci la jupette parce que vraiment, la longueur mi-mollet ça devrait être interdit. Et j’ai remplacé l’ouverture boutonnée sur l’avant par une fermeture invisible sur le côté. Le modèle est toujours aussi sympa à coudre et flatteur avec sa taille haute et ses poches placées dans les découpes, quand au matos il vient du bac « restes de coupons ultra soldés » d’un magasin de Liège, soit un total de 4 roros, fermeture comprise. Bilan : Yeah baby !

Ze manteau #2, la toile

Allez avouez, qui parmi vous coud systématiquement une toile ?

Je vais commencer par mon auto-critique : ça fait très (trop) peu de temps que je m’y suis vraiment mise. Au début, comme beaucoup, je ne connaissais même pas le principe, pourtant simple et évident. Une toile c’est un croquis, une version d’essai destinée à tester un patron et surtout à le modifier afin de faire un vêtement sur mesure. On commence par choisir un tissu pas cher dont l’épaisseur et le rendu sont proches de ceux de la version définitive. Pas de pitié : celui-ci va être sacrifié pour la cause ! On coupe alors les pièces, on assemble, et là vient le moment fatidique de l’essayage et des retouches afin d’obtenir le meilleur « fit » possible. On pourrait croire que ça s’arrête là mais que nenni, c’est justement à ce point que ça devient vraiment intéressant puisqu’on doit alors découper la toile au niveau des coutures (évidemment, si une ligne de couture a été modifiée, on coupe sur la nouvelle, celle qui ajuste le mieux le vêtement) afin d’obtenir un nouveau patron, modifié aux bonnes mesures.

Vous trouvez mon manteau dénué d’intérêt, voire carrément moche ? C’est normal, comme je le disais il ne s’agit que d’un brouillon cousu dans un tissu cheap. Il lui manque donc tous les petits détails soignés qui lui donneront du caractère. Doublure qui ajoute de la tenue au col, brides, beaux boutons, poches travaillées, surpiqures… Autant de choses qui ne valent pas vraiment la peine d’être cousues quand on fait une toile, ainsi on évite d’y passer trop de temps ou d’argent. Coudre cet version m’aura pris moins de deux heures, recopiage du patron compris, et coûté 10€ de tissu, dépense indispensable car il était hors de question de faire ce genre de modifications au dernier moment sur mon beau drap de laine ! 10€ de dépensés donc, mais potentiellement 55€ d’économisés puisque je suis désormais certaine de ne pas me planter par la suite.

Ces quelques photos moches sont donc censées montrer l’importance cruciale de cette étape. Vos yeux de lynx devraient normalement voir assez facilement les modifications apportées, en effet cette fois le patron tombait presque parfaitement, j’ai simplement dû cintrer davantage le dos afin d’éviter l’effet sac à patate en marquant un maximum la cambrure.  Pas bien compliqué tout ça, il m’a suffit de placer la toile sur mon mannequin de couture et d’épingler le long des découpes princesses pour modifier le tout, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Ensuite j’ai cousu sur cette nouvelle ligne afin de pouvoir faire un nouvel essayage et valider le tout.

J’en profite pour causer un peu plus de ce modèle, déjà présenté précédemment : il s’agit d’un patron Simplicity paru dans le mag’ tendances Couture n°4 et dont les manches raglans m’avaient tapé dans l’œil. Je l’ai coupé en 40/42 et je suis ravie car il taille impeccablement : il est juste assez large pour que je puisse porter un très gros pull en dessous quand viendront les grandes froidures. Non, je ne vis pas au pôle nord, je suis simplement très frileuse. Je m’attendais à devoir faire cette retouche dans le dos car j’ai une taille très marquée, c’est donc devenu un réflexe chez moi. Mais revenons au patron : la coupe est très bien, en pochette c’est donc une bonne affaire, mais la publication dans un magazine a visiblement posé quelques problèmes, en effet sur la planche de patron surchargée deux pièces n’étaient pas raccord (rien de bien grave ceci dit) et une troisième manquait carrément à l’appel. Heureusement il ne s’agissait que d’une bride, très facile à dessiner soi-même, mais avouez que c’est agaçant.

On pourrait croire que je suis prête à attaquer la version finale,

mais en fait ça va me prendre encore un peu de temps : en effet maintenant que la coupe générale est validée je m’en vais dessiner les pièces que je veux ajouter pour « habiller » un peu le tout. Rien de bien compliqué en fait, il s’agit juste de multiples brides et surtout d’une larges martingale que je vais honteusement copier sur celles du manteau Talea. J’envisage aussi d’ajouter une capuche amovible (merci Mélanie pour cette suggestion) mais je ne suis pas certaine de pouvoir la couper dans ce qu’il restera de mon coupon, à voir donc. Car oui, j’ai enfin dégotté le drap de laine de mes rêves ! Enfin disons plutôt celui que je ne cherchais pas mais qui m’a charmée illico presto. À la base je voulais un drap pure laine assez épais rouge vif ou moutarde, et je désespérais devant de tristes rayonnages de tissus gris, marron et noir… Et vlan, voila-t-y pas que chez Sacrés Coupons je suis tombée sur cette merveille d’un superbe vert forêt, parcouru par un fin tissage en biais façon sergé pour mieux tenir la fibre, 100% laine trrrrès épaisse, trop peut être, de quoi en tout cas tester la résistance de ma machine à coudre car je sens que coudre les épaisseurs ne va pas être si simple. Mais avec ça sur le dos je suis certaine de passer l’hiver sans avoir froid !

Dans la foulée j’ai chopé du satin violet de bonne qualité pour la doublure, ainsi que du passepoil et des boutons assortis pour donner du peps à tout ce vert. Maintenant que j’ai tout ça sous la main je peux enfin entrer dans le vif du sujet, et curieusement j’ai passé le stade de la trouille : là j’ai hâte de coudre ce manteau, et ma foi je me sens plutôt sûre de moi !

Tendances Couture #7, back in bizness baby !

Mais pourquoi ne l’ont-ils pas sorti plus tôt ?

Genre, par exemple, à la place du numéro d’automne… Ainsi j’aurais pu utiliser deux des patrons de ce numéro, ou du moins m’en inspirer. On l’aura compris : celui-là me plaît bien et contient quelques pépites et de bons basiques, avec en cadeau bonus peu de tissus qui font saigner des yeux (spécialité habituelle de Tendances Couture, on le saura). C’est Noël avant l’heure quoi. lire la suite »