Pas à pas #3, essayage et débâcle

Ahhhhh, enfin, après avoir vu et revu le patron, coupé tissu et doublure et surfilé les bords j’ai pu passer à l’assemblage de ce fameux ensemble composé d’une robe et d’un boléro. Cette partie là est tout simplement magique je trouve : brusquement tout prend forme très vite, on coud les pinces, on monte avant et dos, les cols sont amoureusement triplés avec de la viseline (pas de la thermocollante malheureux ! j’en suis revenue de ce truc qui par la suite fait parfois méchamment gondoler le tissu) afin de lui donner une tenue impeccable.

On l’aura compris, j’adore cette partie, quand tout s’emballe brusquement.

Mon plan s’est donc jusque-là déroulé sans accroc, mais l’inconvénient de coudre pour les autres c’est de ne pouvoir vérifier sur soi au fur et à mesure que tout tombe à la perfection, une séance d’essayage s’imposait et j’ai donc convoqué Clarisse qui est venue manu militari. Et là j’avoue que j’ai cédé à un vil sentiment d’autosatisfaction, parce que même sans aucune finition ça commence à avoir de la gueule non ? Nous nous sommes mises d’accord à propos de la profondeur du décolleté en goutte d’eau : il fallait qu’il soit sage car la coupe en elle-même est déjà très ajustée. Au final même aussi raisonnable il donne quelque chose que j’adore au modèle, décidément je vais m’en faire une version pour moi un de ces jours !

Techniquement j’ai choisi d’assembler une fois pour toutes la doublure avec la robe du côté de la fermeture invisible. Par contre j’ai volontairement laissé ouverte la couture latérale gauche de la robe afin de pouvoir l’ajuster parfaitement sur Clarisse. J’ai ainsi pu jouer avec l’élasticité du tissu en largeur. Décidément quel dommage que cette soie soit légèrement transparente et donc de devoir ajouter le carcan de la doublure, cette robe réalisée uniquement dans un tissu élastique serait une merveille de confort et de sexitude (et oui, j’invente des mots barbares). Certes on perdrait en classe, et vue l’occasion (je rappelle que l’ensemble a été prévu pour un mariage) ça n’était de toute façon pas envisageable.

Hélas hélas, en couture il ne faut jamais se réjouir trop tôt : pour tout un tas de raisons personnelles j’ai pris brusquement du retard sur un planning déjà serré. Je suis surtout tombée dans un piège de débutant, ce qui me fout un chouïa la honte quand même car si je ne suis pas encore une couturière expérimentée je bosse dans l’artisanat d’art depuis suffisamment longtemps pour connaître la chanson pourtant…

Il existe une règle simple et généralement fiable pour juger du temps qu’on mettra sur un projet : on évalue de son mieux et ensuite on double carrément le total obtenu, là on peut espérer ne pas trop se planter. Pour le coup l’optimisme m’a un peu grisée et je me suis largement trompée dans mon estimation, voila comment je me suis retrouvée brusquement paniquée, ma table de travail dans un bordel monstre, avec sur les bras une masse de finitions à coudre à la main. J’ai en effet utilisé les chutes du tissu dans le sens élastique et le tuto du biais jersey de Nessie pour faire ressortir les découpes du col et des manches de la robe, ainsi que celles des poignets du boléro.

Arriverais-je à finir dans les temps quelque chose de vraiment satisfaisant ? J’ai la réponse mais vous allez devoir attendre un peu car je manque encore de photos de la tenue portée.

Je vous laisse sur une image de ma débâcle prise vers 2 heures du matin.

5 Commentaires

  • 1
    30 août 2011 - 10 h 46 min | Permalien

    Coucou,
    Bonne chance pour finir dans les temps, et avant tout félicitations pour le travail déjà effectué, cette robe est vraiment divine!

  • 2
    30 août 2011 - 13 h 55 min | Permalien

    cette robe m’émerveille et me donne carrément envie de me lancer.
    Comment as-tu gérer l’homme qui devait maugréer d’entendre la machine si tard?

  • 3
    30 août 2011 - 13 h 58 min | Permalien

    Je pense que la réponse est OUI, je ne t’imagine pas ne pas te donner à fond pour finir cette robe, qui va tout déglinguer soit dit en passant… merci pour le conseil de la multiplication du planning x2… j’en fais les frais en ce moment même, vive le café ;)

  • 4
    saki
    30 août 2011 - 22 h 47 min | Permalien

    Merci les filles !

    Lathelize j’ai la chance d’avoir une machine peu bruyante, qui est encore plus discrète quand on règle la vitesse et qu’on ne va pas à fond, donc c’est passé, ouf.

    Weriem sans blague le truc du X2 c’est du pain béni, courage pour ta dead line !

  • 5
    5 septembre 2011 - 11 h 26 min | Permalien

    Ooooohhhhh c’est déjà très joli!!!! A suivre donc.