pas à pas #2, on respire un grand coup et on taille dans le vif

La dernière fois je vous avais montré ma toile, un truc qui en gros ne ressemble à rien, un sac avec quelques formes destiné à être ajusté directement sur la destinataire de la robe en laissant juste ce qu’il faut de marges d’aisance pour qu’elle soit mise en valeur tout en pouvant bouger à sa guise (c’est pour un mariage, LE jour où on remue du popotin après avoir dévoré une quantité ridicule de nourriture très riche).

Je n’ai pas de photos de ce premier essayage qui a un peu été fait dans l’urgence (juste après nous avons sauté dans un taxi pour aller fêter l’anniversaire de Clarisse dans un restaurant indien, une tuerie au passage), pour résumer j’ai épinglé, déplacé plusieurs fois les épingles, marqué les pinces et les modifications ainsi obtenues directement au feutre. Je me suis d’ailleurs un peu fait l’effet d’être Attila le Huns quand je me suis mise à crayonner sans pitié sur le tissu.

A partir de là j’ai coupé les quelques coutures, remis chaque pièce à plat et coupé à nouveau selon les traits marqués jusqu’à obtenir un patron très différent de celui de départ.

Si vous avez l’œil vous avez du remarquer sur la seconde photo que j’ai tout de même laissé une paire de pinces, les seules que j’avais cousues d’office en suivant le patron. Il s’agit des pinces poitrine basses qui m’avaient permis de donner un début de forme au modèle, ensuite en me basant sur la coupe parfaite d’un chemisier fait pour Clarisse par sa grand-mère j’ai créé deux nouvelles pinces poitrine, cette fois plus hautes et suivant parfaitement ses jolies courbes. J’ai coupé celles-ci afin de m’en servir de patron et je n’ai pas touché aux premières puisqu’une fois tout cela mis à plat elles cessent d’exister. Je ne suis pas certaine d’être très claire sur ce coup mais la photo parle normalement d’elle-même : c’est comme si mon tissu était plat, ces pinces ont changé quelque chose à la coupe mais il ne faut plus en tenir compte dorénavant.

Une fois cette étape passée j’ai pu retoucher mon patron papier. J’aurais pu travailler directement à partir de ma toile découpée mais j’ai préféré rajouter cette étape afin de revoir une dernière fois la forme avant de couper.

Pour résumer à ce stade le dos et l’avant sont chacun en une pièce, à l’avant je vais faire quatre pinces : celles déjà décrites et deux autres verticales sous les seins pour ajuster le tissu en suivant au mieux la courbe qui rejoint le ventre. Dans le dos je ferais à nouveaux deux pinces verticales, cette fois pour marquer la cambrure. S’ajoute à cela le col et le travail de la découpe du décolleté en goutte d’eau qui ne devraient pas poser de soucis.

C’est le moment de causer des défis que représente ce projet, car défis il y a, soyons clairs !

Pour commencer Clarisse est fille et petite-fille de couturières, elle connaît la chanson même si elle ne coud pas elle-même et je sais bien que lors de ce mariage la coupe et les finitions vont être observées sous tous les angles. Je ne sais pas si le complexe de l’imposteur vous dit quelque chose mais ça me colle le trac : je couds depuis moins de trois ans, j’ai appris quasiment seule en me basant sur les ressources trouvées sur internet mais aussi sur mon sens pratique, qui m’a certainement fait trouver des solutions que renierait tout bon puriste.

Bref, j’arrive à faire des choses qui marchent pour moi mais est-ce suffisant sur ce coup ? En prime travailler pour une autre me donne encore plus l’envie de faire quelque chose d’irréprochable.

Autre point important et beaucoup plus technique : le tissu choisi par Clarisse est une vraie merveille mais aussi un gros challenge car c’est une soie mélangée aux motifs changeants, légèrement élastique dans un sens du tissu. Pour résumer clairement il va me falloir :

  • réussir à rentabiliser au maximum mon métrage, pas énorme, tout en plaçant au mieux les motifs floraux
  • jongler entre point droit et point élastique selon le sens du tissu
  • ne pas me laisser piéger par l’aisance apportée en largueur par l’élasticité puisque l’ensemble sera doublé avec un tissu rigide pour donner plus de tenue et améliorer le tomber.

 

Je vous laisse sur quelques photos de la coupe et du surfilage des pièces ; prochaines étapes : assemblage et essayage, puis retouches et finitions.

 

2 Commentaires

  • 1
    By Gab's
    28 août 2011 - 22 h 35 min | Permalien

    Ah oui…. ça semble un BEAU défi!!!! J’ai hâte de voir la suite en image!!!! Bon courage en tout cas.Si elle t’as fait confiance, c’est certainement parce que qu’elle a pensé que tu le valais bien!!!!