Nettie « oui mais… »

Matez-moi donc ce body…

Je ne cause point ici de mon corps de rêve, mais du vêtement qui le revêt fort joliment je trouve. J’avais décidé que je serai forte, que je ne m’achèterai plus de patrons, même « pas trop cher en pdf » ce mois-ci. Et pis vlan, voila quoi, j’ai vu la robe de Once apon a thread et les versions de Carolyn et Lola et j’étais mordue.

Pourquoi ce patron Nettie de chez Closet Case est-il un bon plan au juste ? Parce que la créatrice, Heather Lou, a méchamment réussi son coup : elle aurait pu se contenter du patron du body avec les quelques variations d’encolure (décolletés plus ou moins profonds devant et dos), mais nan, en plus elle nous a collé la version robe (donc t-shirt ou tunique en raccourcissant) + un patron et des explications détaillées pour ajouter une brassière avec ou sans pièces de rembourrage en mousse intégrée si on en a envie (et j’en ai envie pour une prochaine fois justement). Le tout bien présenté et parfaitement expliqué (en english uniquement, mais je ne suis pas bilingue et ça m’a semblé tout à fait simple à piger).

J’ai envie de dire : yeah baby !

Les points super-positifs-de-la-mort-qui-tue :

  • J’avais peur que la découpe très basse sur les cuisses n’amplifie ma (moche) culotte de canasson, en fait non, je trouve même cette forme très flatteuse…. (Même que je vous colle une photo pour le prouver, alors que j’étais bien décidée à ne pas montrer la partie la moins exposée au soleil de cette tenue).
  • En prime elle fait son office, c’est à dire parfaitement dissimuler ma p’tite culotte.
  • Je me sens ultra bien dedans : merci merci l’effet seconde peau sans être trop serrée pour autant (taille 12 = 42, sans aucun changement, pourtant je suis plus grande que la taille moyenne utilisée pour ce modèle).
  • Les décolletés devant et dos ont chacun une jolie forme, pile de la bonne profondeur (on ne voit donc pas mon soutien-gorge _attention je parle de la base, pas des bretelles, ça j’en cause un peu plus bas_).
  • Les bras sont serrés mais je peux tout de même relever les manches, pile ce que j’aime.
  • Les vils courants d’airs sur le bidon ne passeront plus ! (je déteste avoir le ventre/bas du dos à l’air).
  • J’ai reçu pas mal de compliments, mon ego en est fort aise.
  • Je me sens (peut être à tort, mais qu’importe) comme une héroïne de film de danse des années 80, genre Fame : sexy et fun.
  • J’ai envie de faire toutes les versions proposées, plus la robe modifiée de Once upon a thread (lien plus haut) que je trouve canonissime. Ce patron va être rentabilisé à mort.
  • Oui : on peut tout à fait le coudre sans surjeteuse. Je n’avais pas la mienne sous la main, j’ai donc monté entièrement la bestiole avec le point élastique de ma machine à coudre.
  • Et le patron est « débutant friendly » : fastoche et rapide à coudre du moment qu’on voit à peut près comment monter des manches.

 

Oui mais…

Pour commencer, c’est ma faute, ma très grande faute : je n’ai pas pris le bon tissu. Je le savais hein, je voulais juste tester la bête en vitesse, mais si mon jersey de viscose est comme demandé bi-strech (extensible dans les deux sens), il n’a pas une « good recovery », c’est à dire qu’après l’avoir étiré il se remet en place de façon un peu trop mollassonne…

Il aurait fallu un tissu avec du lycra ou du spandex dedans (faites le test chez vous si vous ne voyez pas trop ce que good recovery veut dire : étirez le tissu d’un maillot de bain, vous verrez qu’il reprend aussi sec sa forme quand on le relâche… ça c’est idéal pour ce type de vêtement). Le résultat c’est un body fort joli mais qui ne moule pas autant qu’il le devrait et fait des plis. En prime la viscose marque vraiment tous les défauts (pas moyen de dissimuler ses bourrelets quoi).

Secundo, avec un décolleté aussi marqué dans le dos (donc offrant peu de tenue) j’avais de gros doutes sur le fait que les emmanchures restent sagement en place sans dévoiler les bretelles de soutien-gorge. J’avais raison… Ici j’ai choisi de le porter sur un soutif sans bretelles, mais j’envisage de rajouter de petits rubans cousus à l’intérieur, histoire de pouvoir les nouer autour des bretelles et faire tenir tout ça en place plus fermement. Et la prochaine fois, je ferai la modification expliquée à la fin de ce sew-along afin de rajouter 1.5 cm de chaque côté et mieux cacher tout ça, on verra bien si cela suffit.

Et pour finir, je regrette d’avoir fait ces photos avec un jean dont la taille est un peu trop basse à mon goût : pour une silhouette comme la mienne, je trouve qu’un body est bien plus flatteur porté avec un futal ou une jupe taille haute qui marque bien la cambrure et offre un vrai contraste entre la taille et les hanches/fesses. Je suis donc o-bli-gée de me coudre une jupe noire à découpes hautes et bien emboitantes pour aller avec mes futurs nombreux Nettie.

Mais ça, ce sera après la semaine de vacances bien méritée qui m’attend à partir de demain.

 


Ps : Au cas où quelqu’un se poserait la question, j’ai pris ces photos devant des métiers à tisser, pendant que je bossais dans l’atelier textiles de l’académie royale des beaux arts de Bruxelles… Le job de rêve quoi.

 

Edit puisqu’on me pose la question :Yep, l’entrejambe s’ouvre grâce à des pressions, c’est beaucoup plus pratique ainsi.

L’atelier des Monstres

Voila voila… Mon « atelier des monstres » avec des minots de 6 à 9 ans s’est rudement bien passé.

Qu’est-ce qu’on s’est marrés ! Les gamins étaient extras, et nous avons réussi à coudre des peluches plutôt sympas ma foi. Comme ça semblait intéresser du monde, voici comment s’est passé la semaine. lire la suite »

Coudre du Tyvek

Que quoi mais qu’est-ce donc que ce truc-là ?

Le tyvek n’est ni du papier, ni du tissu, ni un morceau d’étoffe venue de la planète Krypton (c’eut été drôle) et pourtant il se plie, coupe et coud sans difficulté. Il s’agit d’un matériau non tissé fabriqué à partir de fibres de polyéthylène, développé et commercialisé depuis 1965 par la marque DuPont (ça date déjà). Coup de bol, j’ai mis la main sur une chute suffisamment grande pour me permettre de faire quelques essais et de coudre un premier projet avec, histoire de voir ce que cette matière a dans le ventre. Pour info, son épaisseur varie de 0.5 à 10 µm. J’ignore absolument avec quelle épaisseur j’ai bossé ici, je sais juste que ce n’est pas la plus fine, mais on n’est pas loin derrière (vous êtes contents que je sois aussi précise hein ! Hum, désolée).

La doublure est un piqué de polyester tout bête, histoire d’avoir un intérieur moins rigide.


Mais d’abord, pourquoi est-ce un matériau giga-top-moumoute au juste ?

Il cumule les qualités : imperméable mais respirant, naturellement blanc opaque, fin, très léger et lisse, il se coupe sans problème avec une paire de ciseaux mais je vous mets au défi de réussir à le déchirer à mains nues. Même une fois cousu, on pourrait craindre que les trous de la couture ne le fragilisent et permettent de le déchirer plus facilement, mais non : même avec un point très serré, il résiste le bougre. Cadeau bonus, notre nouvel ami est non toxique et recyclable. Yeah baby !

Ça vous dit vaguement quelque chose ? Normal : on l’utilise entre autre pour réaliser des enveloppes résistantes, des bracelets de contrôle, des combinaisons protectrices ou encore du packaging industriel. Vous en avez probablement déjà eu en main.

Mais voila, comme la perfection n’est pas de ce monde, le tyvek a tout de même quelques défauts, à commencer par le fait qu’il se froisse, ce qui peut donner un look intéressant, mais si vous cherchez quelque chose qui ne marque pas, passez votre chemin. Même si je m’y attendais, j’avoue que je ne sais toujours pas si j’aime ou non le rendu vraiment très froissé du Buttercup Bag que voici (patron pdf gratos dispo sur le site de Rae). Il s’est retrouvé dans cet état car j’avais laissé une ouverture trop petite dans ma doublure pour retourner ce sac (en faisant plus attention, j’aurais eu des marques, mais moins flagrantes)… Avec du tissu cela aurait été impec’, mais là il a vraiment fallu le plié sans pitié pour le faire passer. Mais je compte bien laisser encore une chance au T’rex tyvek, cette fois en choisissant mieux mon projet.

Comment l’utiliser ?

On trouve tout un tas d’informations sur le site DuPont, mais voici les leçons tirées des quelques essais que j’ai fait :

  • Ne pas l’épingler, cela laisse des marques. Comme avec le cuir, on peut en revanche utiliser des pinces à linge ou à dessin pour maintenir les pièces ensemble.
  • Pour de découper, dessinez d’abord le contour de votre pièce au crayon, et évitez de travailler en pliant votre tyvek pour obtenir deux pièces identiques, prenez plutôt le temps de découper chacune à part.
  • Utilisez de préférence une aiguille fine, 60 ou 70 : quand on utilise un matériau imperméable, c’est dommage de tout gâcher en faisant de gros trous pour la couture, qui devient alors l’endroit par lequel l’eau peut passer.
  • Allongez légèrement le point de votre machine. À 2.5, cela fonctionne sans se déchirer mais je trouve tout le même le point trop serré. J’ai allongé ma longueur de point à 3 pour les coutures d’assemblage, et 3.5 pour les surpiqures de la sangle.
  • pas de besoin de surpiqures pour l’aplatir, sa rigidité donne des plis bien marqués sans problème. Pour la sangle en revanche, c’était indispensable car je ne pouvais pas la coudre à l’envers puis la retourner, j’ai donc simplement plié 1 cm de chaque côté et fermé avec une surpiqure sur l’endroit.
  • On peut essayer de le repasser mais ce n’est pas très convainquant. Pour commencer, il ne faut surtout pas mettre la semelle du fer directement en contact avec le tyvek. J’ai essayé avec mon fer vapeur en plaçant un chiffon en coton entre les deux, et bon, ça n’abime pas et ça permet très légèrement d’écraser les plis, mais rien de miraculeux non plus : ceux-ci ne disparaissent pas et je pense que s’ils sont aplatis c’est plus dû au pressage qu’au fer chaud en lui-même.
  • Pas de souci pour poser du passepoil ou du biais dessus (testé et approuvé). J’ai aussi très facilement pu réaliser un passepoil avec une chute de tyvek, et bien que je n’ai pas encore eu l’occasion d’essayer, je pense que l’on peut sans problème coudre une fermeture éclair.
  • De même c’est un matériau parfait pour utiliser des boutons pressions en résine : même avec une épaisseur très fine de tyvek le support ne s’abime pas, et pourtant ce n’est pas faute d’avoir ouvert et fermé les pressions plusieurs dizaines de fois pour être sûre.
  • Évitez les petites pièces difficilement manipulables, à moins que vous n’aimiez le look froissé.
  • Et surtout, pensez bien à conserver votre tyvek roulé plutôt que plié.

 

Pour se procurer du tyvek…

Vous pouvez déjà regarder autour de vous et faire dans la récup’ : enveloppes, packaging… Comme je le disais, ce matériau est très courant mine de rien. À vous de voir si vous pouvez en choper du déjà utilisé. Sinon mon copain designer a passé commande de son rouleau en Allemagne, si ça intéresse du monde je donnerai les détails par ici dès que j’en saurais plus.

Envie d’en voir plus ?

Zieutez-moi donc le bomber imprimé de BuddybuddyVintage, le sac à dos de Beltastudio et celui de randonnée de Kinpu san. On peut aussi envisager d’en faire des cerf-volants, des tentes, des origamis à coudre (comme ce papillon selon le tuto de Louise), voire une robe de mariée si ça vous dit. Le tout est de savoir tirer parti du côté « papier froissé », qui peut donner un max de charme à des patrons bêtes comme chou.

 

Des moooonnnnnstres

Laissez-moi vous présenter mes nouveaux potes….

Pour préparer mon stage de couture pour les enfants, j’ai cousu ces trois bachibouzouks en piochant dans mes chutes de tissu. Je recommande l’exercice : je me suis bien poilée à leur donner des expressions.

Le visage de Chatastique a été brodé à la machine sur fond blanc. Pour Ali l’alien, j’ai cousu les yeux en appliqué, puis à nouveau brodé à la machine, alors que j’ai entièrement peint le visage de Vampirou. Hélas hélas, au moment de fixer la peinture en repassant, il s’est avéré que la semelle de mon fer n’était pas propre, et ça a laissé une moche tache, tant pis.


Bon, j’espère qu’avec mon aide mes petits élèves feront des merveilles. Je montrerai le résultat par ici, enfin si ça vous botte. Je suis tout de même un peu stressée car encadrer 8 mômes de 6 à 9 ans quand il y a des ciseaux de couture, des épingles et des machines à coudre dans la pièce (même si au final il se serviront très peu des machines, et uniquement sous ma supervision), ça va être sportif !