La mère indigne

« Accusée, les chefs d’accusation sont graves !

Tout d’abord vol de tissu qui avait à l’origine été acheté pour coudre pour votre bébé, ce qui fait de vous une mère indigne. Secundo, non-repassage de pantalon avant photo de bloug, ce qui fait de vous une ménagère blougueuse lamentable. Et enfin non coupage de frange, ce qui donne une coiffure à faire frémir une blougueuse mode. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? »

« Euh….. J’imite super bien la poule ?! »

« …….. C’est vrai, belle imitation. Ça ira pour cette fois, mais ne pensez pas que vous pourrez toujours vous en tirer à si bon compte. »

 

Que-quoi-qu’est-ce ?

Alors voila, ma pote Dora m’a offert le livre « L’atelier couture » de Blousette Rose, aka Evanthia Economou. Comme j’avais repéré certains modèles sur ma pote Magau (oui, j’ai de chouettes potes) ça m’a fait plutôt plaisir et j’ai dégainé un mini coupon de mon stock afin de tester le modèle le plus simple, rapide et parfait en cas de grosse chaleur : le débardeur Kaki.

Okayyyyyy, à l’origine ces 50cm sur 140 d’adorable jersey extensible dans les deux sens était destinés à Léozilla, mais entre les fringues récupérées et les cadeaux que ma famille ne peut s’empêcher de lui faire, il a déjà une garde-robe de folie, je ne suis donc qu’à moitié mère indigne.

J’ai topé en complément une chute de mon dernier futal, et en un temps record me voici doté d’un pyjama de jour : aussi confortable qu’un vrai pour dormir mais avec lequel je peux sortir sans honte.

En théorie il fallait 75cm de tissu mais comme mon jersey est bi-extensible ET avec un motif qui fonctionne aussi dans les deux sens je l’ai tourné d’un quart, ni vu ni connu j’t'embrouille…. La taille 40 tenait pile poil, ouf. Le rendu est moins loose que si je l’avais coupé à ma taille, 42, mais comme il y a peu d’aisance négative prévue à la base ça passe.

 

Qu’en pense-je ?

En fait il donne un excellent aperçu des points forts et faibles de ce livre. C’est un modèle assez basique mais avec un twist qui le rend intéressant et féminin. Le patron est assez bien coupé, le montage bien expliqué, on bénéficie en plus en fin de livre d’un gros cahier d’explications variées sur les termes et les techniques de couture…. MAIS je n’aime pas les finitions/choix de coupe.

Pour ce patron en particulier on aurait pu ajouter le triangle contrastant sans avoir à couper le haut du dos, et les finitions sont plus que basiques puisqu’on se contente de faire des ourlets fins au col et aux emmanchures. Ça marche, mais si je devais coudre à nouveau ce top je m’y prendrais autrement, probablement en coupant le dos d’une seule pièce, en faisant les finitions avec du biais jersey posé en guise de parement puis en appliquant le triangle.

 

Et le reste du livre alors ?

Les explications claires, le graphisme, les coupes originales sans être trop compliquées, le large choix de tailles (du 34 au 48) et le mix de modèles de différents niveaux (un sac, un snood, des pantalons, gilets, top, vestes, robes….) en font un super cadeau pour les débutantes. Avec ce bouquin elles en ont pour un sacré bout de temps avant de se lasser.

Par contre….

Certaines photos me filent des boutons, en particuliers les trois ci-dessus : entre la coupe et l’ajustement nul du short, la bande à larges festons super ringarde du top (désolée si je semble dure, mais l’équilibre du modèle est foiré) et l’espèce de papillon mal coupé en déco, par moment ce livre semble crier « j’ai cousu mes fringues et ça se voit ! », alors que ce que je recherche c’est un rendu qui ne fasse pas « fait main » et des coupes, techniques de finitions et d’ajustement soignées.

J’ai aussi bien tiqué en lisant que pour rigidifier le fond du sac on utilisait un carton d’1 mm d’épaisseur. Non malheureuse, en cas de pluie ou de forte charge dans le sac (qui n’est pas petit) la tenue sera nulle. Il vaudrait mieux utiliser du Jeffytex (un molleton rigide indéformable). Oui mais tout le monde a du carton sous la main me direz-vous…. Oui mais quand on prend la peine de coudre quelque chose, autant le faire bien.

Ok, pas moyen de choper du jeffytex ? Alors bossez un peu le carton : il suffit de le recouvrir de scotch après l’avoir mis en forme pour limiter les dégâts.

 

Mais je pinaille : ça reste un bon bouquin, bien plus complet et inspirant que le plupart des livres de patrons qui pullulent dans les rayons « loisirs créatifs ».

Je garde sous le coude trois autres modèles qui me font sérieusement du gringue :

La robe Macha

Terriblement féminine et originale malgré un décolleté dos qui ne me semble guère soutif-compatible (il faudrait que je couse une doublure avec bonnets intégrés) et des surpiqures au niveau des bretelles qui gâchent un peu l’effet du pliage… On va voir si j’arrive à un bon résultat sans.

 

Le gilet Gaillet

Je craque pour son originalité mais je doute de pouvoir le porter au quotidien. En revanche il serait fa-bu-leux pour un costume de sorcière chic pour un gn Harry Potter.

 

La blouse Aloé

En fait un bête t-shirt, mais le détail du dos est très joli. En revanche je virerai les fronces du bas.

 

Allez, pour le fun, voici la photo de la honte ménagéro-bloguesque : le débardeur rentré dans un pantalon complètement froissé. J’aime pô repasser…

 

La mère indigne continuera-t-elle à coudre égoïstement pour elle alors que Monsieur Jones a désespérément besoin de nouveaux pantalons ? Vous le saurez dans le prochain épisode de votre série « Anderlecht, ton univers impitoya-a-bleuhhhhhhhh ».


Hell yeah!

Joie, félicité, petits bons de bonheur, youkaïdi youkaïda…. Mon nouveau pantalon me donne un sacrée pêche.

J’en causais il y a peu : le pantalon 21 du Fashion Style n°9 était destiné à s’unir à mon popotin. La preuve, dans mon stock j’avais pile poil le bon métrage du bon tissu pour le coudre. Un tissu légèrement extensible en largeur, fin et d’une couleur canon pour ne rien gâcher.

 

J’ai pas mal de magazines Knip Mode et Fashion Style (l’un étant la traduction de l’autre) mais je n’avais jamais cousu de pantalon de cette marque, c’était l’occasion de tester leur patronage. J’ai donc pris mes mesures et suivi à la lettre les indications, en commençant par couper une taille 42. Et bien je n’ai fait qu’une petite retouche en enlevant 1 cm de chaque côté au niveau de la taille. Et vlan, me voila l’heureuse propriétaire d’un futal incroyablement confortable, doté d’une vraie taille haute, d’une forme joliment emboitante et flatteuse et qui passe haut la main le test de « l’accroupissage sans dévoilage de fessier ».

On peut douter de l’intérêt de supprimer ces 2 cm à la taille en voyant mes photos, puisqu’on voit bien que ça boudine très légèrement à ce niveau, ce qui ne serait pas arrivé sans… Mais je commence à connaître la musique : comme prévu, au bout d’une journée le tissu s’était détendu et zou, plus le moindre boudinage sans que cela baille pour autant.

Je lui trouve tout de même deux mini défauts, tous deux situé sur la partie la moins bronzée de mon anatomie. D’abord il est trrrrès près du corps, me voila dans l’obligation de dégainer les p’tites culottes « sans couture ou quasi » sans quoi l’effet n’est pas franchement flatteur. Et segundo il rentre un tout petit peu trop au niveau du bas des fesses. Ce n’est pas inconfortable mais je ne vois que ça sur mes photos de dos.

Ce qu’il faut savoir :

  • Le côté pantalon à pont, c’est du flan : on pourrait tout à fait faire de petites modifications et obtenir ce résultat mais cette version inclut une fermeture à glissière invisible.
  • Les planches de patron sont celles de Knipmode, donc en néerlandais et avec les tailles hollandaises : le 42 du magazine français correspond au 40 des planches.
  • J’ai dû couper 6 cm avant de faire mes ourlets alors que je mesure 1m70 et que la stature est soi-disant pour une femme de 1m72 : les jambes sont immenses !
  • Les explications sont bien foutues et plutôt agréables à suivre, d’ailleurs à l’avenir je continuerai à monter mes pantalons de cette façon.

 

Pour résumer : je suis conquise ! Non seulement je compte bien réitérer dans une couleur plus sobre, mais en prime je vais certainement profiter de la large gamme de tailles (du 36 au 56) et coudre le même pour Frangine Bien-Aimée.

Comme vous pouvez le constater, l’élasticité du tissu permet de prendre des poses excentrico-stupides avec le sourire.

Surtout, je vais m’empresser de tester un autre patron de ce mag’. Il me FAUT une tunique fluide pour aller avec Super Futal.


Le panta-jupe virilisé/froissé

Voila plus d’un an que j’attends d’immortaliser la bestiole,

à savoir une nouvelle jupe-culotte Meïna de Je fais mes dessous, cette fois cousue pour Monsieur Jones. Il aimait tout dans les miennes (ici et ) : l’ampleur, la légèreté en été, le confort de la large ceinture en jersey, les avantages d’une jupe sans ses inconvénients (cuisses qui frottent, sous-vêtements apparents quand on s’accroupit et aspect moyennement virile, quoique j’aie un tableau Pinterest pour prouver le contraire)….

J’ai gardé exactement la même coupe et simplement remplacé les fronces par 8 plis cousus, 4 devant et la même chose dans le dos. Cela donne un rendu assez chouette qui me fait penser au hakama japonais et autres fringues destinées aux arts martiaux.

Monsieur étant un gros lecteur, il y a deux poches plaquées sur les côté, format livre de poche et munies chacune d’un scratch. Pratique, ultra rapide et simple à coudre. C’est dommage que le tissu ligné se froisse facilement, mais comme c’est une fringue pour se rouler dans l’herbe avec Léozilla, hein, on s’en bat les bobines de fil sur un air de samba.

Nous en sommes tous les deux contents mais il y a un défaut, qui va avec ses qualités : certes Monsieur apprécie de ne pas être serré à la taille, mais cela signifie que la ceinture descend un peu de temps en temps, ce qui est ballot dans les escaliers ou quand on trimbale un bébé sur les épaules. Rien de grave quoi.

Bon alors, à votre avis, un mec en panta-jupe : ridicule or not ridicule ?


Magazines : le match des titans (ou quasi)

Les JO viennent de débuter et moi d’acheter (enfin plutôt de me faire offrir par mon généreux paternel) mes trois magazines de couture préférés. Hasard ? Je ne pense pas.

C’est donc l’occasion de transformer la traditionnelle revue de presse en une course à la médaille d’or, jalonnée d’épreuves diverses. Mais présentons d’abord les concurrents. À ma gauche le petit dernier en âge, j’ai nommé Fashion Style, traduction française (au nom english, va comprendre….) du très apprécié mag’ néerlandais Knipmode. Au centre le poids lourd de cette compétition, l’allemand Burda. Last but certainement not least, à droite nous avons Tendances Couture dans lequel sont publiées des pochettes des marques Simplicity et New Look. lire la suite »